Le développement de l’attention

Les élèves ne sont pas concentrés, impossible d’avoir leur attention… On se répète souvent ces phrases, mais au fait qu’est ce que ça veut dire ?

D’abord, qu’est-ce que l’attention ?

C’est la capacité de maintenir la conscience sur une seule cible, la cible la plus pertinente au milieu de multiples sollicitations, et sur un temps long, sans se laisser distraire. On le sait, la conscience – c’est-à-dire cet état de pilotage plein des actes et des pensées – ne concerne qu’un seul objet à la fois.

Le développement de l’attention est impératif pour :

  • BLOQUER LES DISTRACTEURS NON OPPORTUNS (des sons, des choses que l’on voit)

Il faut faire comprendre à nos élèves que ce qui les entoure les empêche de se concentrer et donc d’apprendre : un téléphone qui vibre, un camarade qui parle, des élèves qui jouent dans la cours et que l’on observe etc… Interdire sans expliquer pourquoi c’est important n’est pas efficace. Des expériences de mémorisation peuvent être intéressantes pour montrer l’impact de ces distracteurs. C’est à l’élève d’en prendre conscience et de volontairement les  supprimer.

  • ESTOMPER LES PENSÉES ÉMERGENTES NON OPPORTUNES (le discours interne)

Ce discours interne, ce sont les messages que l’on se dit. Parfois le discours du professeur créé ce discours (le stress émis par l’annonce du temps qu’il reste dans un contrôle, la surprise d’un contrôle non prévu par exemple). Le discours positif et bienveillant du professeur peut aider l’élève à contrôler ce discours interne. C’est aussi les histoires que l’élève se raconte. Il faut alors là aussi lui en faire prendre conscience et le ramener sur le moment présent.

  • MAINTENIR L’ATTENTION SUR LA DURÉE

C’est une capacité qui se développe. La méthode Pomodoro (comme le nom des minuteurs en forme de tomates que l’on trouve dans les cuisines 😉 ) peut être intéressante. Cette méthode consiste à donner un temps imparti pour réaliser une tâche où la concentration est forte, suivi par un temps de « récompense » si l’objectif est atteint (boire un peu d’eau, regarder son portable, se lever etc…). Le temps réservé à la concentration est court au départ puis augmente progressivement.

  • SÉLECTIONNER UN ELEMENT PARMI D’AUTRES

Il y a très souvent beaucoup d’informations à la disposition de nos élèves et seulement certaines retiennent leur attention. Or, parfois, ce ne sont pas celles que nous souhaiterions voir retenir. Il faut donc là aussi s’assurer de la clarté de nos énoncés et guider sur les éléments à sélectionner.

  • PASSER PRESTEMENT D’UNE TACHE A L’AUTRE

Même s’il n’est pas possible de faire plusieurs tâches à la fois, il faut que les élèves soient capables de passer de l’une à l’autre le plus vite possible. Là aussi, nous pouvons les aider en s’assurant que les objectifs de nos activités sont claires, que les consignes sont comprises par tous et permettent réellement de réaliser les activités et que les prérequis sont acquis par tous.

  • INHIBER DES IMPULSIONS NON PERTINENTES

C’est certainement le plus difficile. Il faut arriver à supprimer les mauvais réflexes d’apprentissage. Continuer à faire ce qui ne marche pas au lieu de chercher avec l’aide du professeur comment mettre en place des stratégies efficaces.

Et puis comment développer des capacités attentionnelles dans l’apprentissage ?

Si l’immense majorité des activités d’apprentissage et de formation sont centrées autour de Comprendre, Traiter les informations, Appliquer, Contextualiser, il existe assez peu d’activités en présentiel qui auraient comme objectif de développer les indispensables capacités attentionnelles. Certes, elles se développent en raison des contraintes inévitables liées aux conditions habituelles de formation. Mais sous des formes souvent habillées de contraintes : consignes, ordres, rappel à l’ordre et à la concentration.

Afin de développer ces capacités, on peut envisager des activités ayant les caractéristiques suivantes :

  1. Brefs : les neurones, aussi, se fatiguent ! On ne peut pas être attentif pendant une heure. A moi de choisir les moments où les élèves sont attentifs et ceux où ils ne le sont pas…
  2. A objectif unique : l’esprit ne peut intensifier son attention que sur une chose à la fois. Très difficile par exemple en lisant, de focaliser son attention à la fois sur les fautes d’orthographe, le sens exact des mots, et le sens des phrases.
  3. D’observation de soi : apprendre à repérer le plus tôt possible les signes de la distraction. C’est en focalisant sa conscience sur le nombre et la force des distracteurs afin d’en corriger les effets, que l’apprenant progresse dans son attention.

Ensuite il faut suivre quelques règles :

  • L’entraînement de l’attention est nécessaire. Il peut passer par le jeu. L’utilisation de certains logiciels peut entraîner le développement de l’attention
  • La pratique :

Lorsque l’on veut faire réaliser une activité à des apprenants, il ne faut pas hésiter à cibler la tâche, la découper en plusieurs bulles  que l’élève peut faire en un temps précis. Il ne faut pas non plus oublier de lui démontrer l’objectif final, et donc chaque sous tâche doit correspondre à un sous objectif.

Sources : Mooc : « enseigner et apprendre avec les sciences cognitives », platerforme FUN

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