D’autres idées sur la motivation

J’avais assisté à une formation présentant certains éléments de la motivation selon Roland Viau et déjà écrit un article à ce sujet. Cette présentation trouvée encore et toujours sur la plateforme FunMooc (se former et enseigner dans le supérieur) complète vraiment cet article précédent.

Selon Rolland Viau, la motivation à apprendre est une condition essentielle à l’apprentissage. Elle est aussi nécessaire pour que l’apprentissage dure dans le temps, c’est à dire pour que l’étudiant fasse preuve d’un réel engagement et de persévérance.

La dynamique motivationnelle

La “dynamique motivationnelle” telle qu’il la définit est influencée par quatre facteurs :

  • les facteurs relatifs à la vie de l’étudiant: sa curiosité naturelle, son caractère, son projet professionnel, sa situation financière, familiale, etc.
  • les facteurs relatifs à l’école: les absences, les retards, les cours non remplacés, l’existence d’aide méthodologique aux étudiants, le tutorat, etc.
  • les facteurs relatifs à la société: ses valeurs, ses lois, l’image de la formation suivie dans le grand public, le taux d’insertion professionnelle, le taux de chômage, etc.
  • les facteurs relatifs à la classe, parmi lesquels R.Viau distingue cinq paramètres :
    • l’enseignant: sa motivation, son goût pour sa discipline, la qualité des relations qu’il établit, etc.
    • les activités proposées pendant le temps classe ou en dehors: leur degré d’authenticité, leur diversité, le défi qu’elles représentent, etc. Les étudiants vont se poser des questions sur leur perception de valeur de l’activité (est ce que le travail en vaut la peine), de leur capacité (suis-je capable de réaliser cette activité ?), de  la contrôlabilité (est ce que je peux décider). Perception implique subjectivité. Donc la perception va être propre à chaque étudiant.

Si un étudiant dans mon groupe ne comprend pas l’intérêt du travail que je lui donne, alors il n’y a pas de motivation. Si on ne peut pas démontrer cet intérêt, on peut s’attendre à ce que certains étudiants soient démotivés.

Au niveau de la perception de la compétence, il est inévitable que dans un groupe, certains étudiants estiment qu’ils ne sont pas compétents par rapport à une activité donnée. Dans ce cas, la motivation diminue et c’est à l’enseignant d’encourager cette perception de la compétence.

Il est important de laisser au jeune de l’autonomie, un sentiment de contrôlabilité. Si j’impose tout à la seconde prêt, je limite trop cette contrôlabilité et donc la motivation.

  • l’évaluation des apprentissages: le type, la longueur, la fréquence des tests, examens, contrôles, etc.
  • le système de “récompense-sanction” installé : les phrases d’encouragements, la valorisation devant les pairs ou le dénigrement, une note peut être une mesure incitative, certains professeurs offrent des privilèges etc.
  • le climat de la classe: la collaboration possible ou pas entre pairs, la compétition entre les étudiants n’aident pas à la motivation, la prise de parole aisée ou pas, le respect des individualités, etc.

Qu’est-ce qu’une activité motivante ?

Une activité doit :

  • comporter des buts et des consignes clairs afin que l’étudiant ait confiance en sa capacité à la réussir.
  • être signifiante aux yeux de l’étudiant. (correspond à ses centres d’intérêts ou répondre à des questions qu’il se pose).
  • être diversifiée et s’intégrer aux autres activités. représenter un défi pour l’étudiant
  • constituer un défi dans la mesure où elle n’est ni trop facile, ni trop difficile.
  • exiger un engagement cognitif de l’étudiant, c’est-à-dire qu’elle doit solliciter chez l’étudiant l’utilisation de stratégies d’apprentissage qui l’aident à comprendre, à faire des liens entre les notions déjà acquises, à s’organiser à sa façon, l’information présentée, à formuler des hypothèses.
  • responsabiliser l’étudiant en lui permettant de faire des choix. Or, plusieurs aspects d’une activité peuvent être laissés à la discrétion de l’étudiant, que ça soit le thème de travail, le matériel utilisé, la durée du travail, la désignation de membres de l’équipe, etc. La possibilité de faire des choix favorise la perception de la contrôlabilité.
  • permettre à l’étudiant d’interagir et de collaborer avec les autres, sachant que les activités qui sont axées sur la compétition ne motivent que les élèves les plus forts, c’est-à-dire ceux qui ont des chances de gagner, alors que l’apprentissage coopératif suscite généralement la motivation de la majorité des étudiants, car il favorise la perception qu’ils ont de leurs compétences et de leurs capacités à contrôler leurs apprentissages.
  • avoir un caractère pluridisciplinaires. L’utilisation de connaissances de domaines différents va favoriser la perception de la valeur chez l’étudiant, car elle rend les apprentissages plus signifiants.
  • se dérouler sur une période de temps suffisante. La durée prévue pour une activité effectuée en classe devrait correspondre au temps réel qu’une tâche équivalente requiert dans la vie courante. Accorder à l’étudiant le temps, dont il a besoin, l’aide à avoir une perception de compétence positive

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