Construire un cours avec un plan de travail

 
Voilà plusieurs mois que j’ai envie d’écrire un article sur les plans de travail. J’ai eu l’occasion de suivre un groupe de professeurs, dans le cadre de la CARDIE, qui utilisent cette façon de travailler en français en sixième et les résultats sont vraiment intéressants. J’ai eu envie d’expérimenter cette manière de travailler en DNL management en première STMG.

Un plan de travail, qu’est-ce que c’est ?

Le plan de travail est un document qui présente aux élèves toute une série d’activités qu’ils peuvent faire seul ou en groupe. Il leur permet d’avoir accès :

  • À des exercices.
  • À des ressources de cours.
  • A des documents/exercices qui permettent d’approfondir, d’aller plus loin.
  • A des fiches d’auto évaluation.
  • A des exercices corrigés.
  • A des documents collaboratifs pour les travaux de groupe.
  • A tout ce que l’on veut mettre à la disposition de sa classe.

Pourquoi un plan de travail ?

Dans un article précédent, je vous avais parlé de la motivation selon l’auteur Roland Viau. Selon lui, une activité motivante doit présenter plusieurs qualités. Or, je trouve que le plan de travail répond bien à certaines de ces qualités :

  • Proposer des buts et des consignes clairs : impossible de donner de donner un plan de travail à sa classe si on n’a pas réfléchi de manière très précise aux consignes. D’ailleurs, mes plans de travail évoluent en fonction des remarques des élèves. Dans l’idéal, il faudrait les faire tester avant de les donner.
  • Proposer des activités diversifiées : l’objectif du plan de travail est de présenter tout un ensemble d’activités et de les varier pour atteindre ses objectifs pédagogiques
  • Exiger un engagement cognitif de l’élève. Difficile de rester passif face à un plan de travail vu que l’élève doit choisir son activité, la comprendre, regarder les ressources de cours, bref être actif. Il doit aussi s’évaluer et ne pas attendre les commentaires du professeur.
  • Faire des choix : c’est à lui de choisir quelle activité il veut faire en premier, ou de quelle activité il a besoin en premier. Il est libre de choisir.
  • Gérer son temps : Là aussi, même si la séance est finie, l’élève a toujours la possibilité de reprendre les vidéos, revenir aux exercices. Pour ceux qui vont vite, les activités qui permettent d’aller plus loin leur permettent d’éviter la frustration.

Un plan de travail sous quelle forme ?

Toutes les formes sont possibles. Un document papier avec des ressources ou des liens vers le livre de la classe peut être un plan de travail intéressant. On peut aussi mettre des ressources en libre accès dans la classe en utilisant le principe des ceintures de compétences (on passe de niveau en niveau lorsque l’on se sent prêt). Si on a accès à des ressources numériques, on peut utiliser d’autres moyens. Un fichier sur l’ENT avec des liens sur des sites web, un document sur google drive que l’on partage avec la classe etc…

J’ai choisi d’utiliser Genial.ly pour rendre mon plan de travail plus interactif.

Un plan de travail tout le temps ?

Non, le plan de travail ne s’utilise pas tout le temps à mon avis. Je garde des temps communs en classe en début de leçon, je prends toujours un temps à la fin du travail en autonomie pour revenir vers les exercices qui ont posé des problèmes ou vers les vidéos qui n’ont pas été bien comprises. Dans mon cours de DNL où je me sers souvent du plan de travail, j’ai aussi toujours un temps de travail collaboratif à la fin.

J’utilise maintenant les plans de travail dans les moments où je donnais des exercices, et j’ai aussi réduis les cours magistraux car je laisse les élèves découvrir les notions en autonomie.

Je reconnais aussi que je n’utilise pas encore le plan de travail dans mes cours très notionnels (mes cours de marketing en BTS) mais c’est plutôt par manque de courage pédagogique que parce que cela n’est pas possible… Ah, le lâcher prise !

Un plan de travail, la panacée ?

Non évidemment.

Les élèves qui ne veulent pas se mettre au travail ne le font pas forcément en plan de travail mais ne le font pas non plus dans les cours traditionnels

Les premières fois, les élèves sont un peu perdus et je dois être très présente, surtout si mes consignes ne sont pas claires… J’ai donc décidé de garder un plan de travail construit de la même manière lors de chaque chapitre pour éviter les confusions.

Concernant mon travail de préparation, il est aussi plus important mais mon travail en cours est plus agréable. Surtout, en DNL, cela me permet de travailler l’oral avec un petit groupe d’élèves pendant une quinzaine de minutes, et je trouve cela vraiment très intéressant.

J’ai aussi dû faire face à certains problèmes techniques et pour l’instant j’ai une solution de secours (les exercices d’application sous forme papier et le cours magistral).

Pourquoi je continuerai l’an prochain ?

Je remarque un plus grand investissement des élèves de manière générale, ils se mettent plus vite au travail.

J’ai la chance d’avoir la classe en salle informatique. Je les laisse regarder les vidéos en cours avec leurs écouteurs, ce qui réduit le niveau sonore global de la classe.

Effet induit, le fait d’utiliser de nouveaux outils (genial.ly, google drive, quizlet etc..) a inspiré certains élèves. Les présentations pour l’examen cette année utilisent davantage le numérique et elles sont plus originales.

Enfin le retour des élèves est très positif, ils apprécient cette manière de travailler, ils trouvent qu’ils sont plus actifs et apprécient les moments en petit groupe que nous avons ensemble pour travailler l’oral.

Un plan de travail, à quoi ça ressemble ?

Voici l’accès de mon plan de travail général pour la DNL. Il est en cours d’élaboration. Pour l’instant seuls les chapitres sur le produit et la production ont été réalisés.

Et un autre plus simple que j’ai utilisé en BTS

Geneviève Ponsonnet (@gponsonnet) a créé un padlet qui reprend beaucoup d’exemples très intéressants. Voici le lien.

Merci beaucoup pour le partage !

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