Comment peut-on vivre un processus d’amélioration professionnelle au quotidien ?

Dans la première conférence, il a été présenté la mentalité qu’il est nécessaire d’avoir pour se développer au niveau professionnel. Cette première conférence m’a vraiment marquée et je trouve désormais beaucoup d’applications autour de moi.

Le principe Effort + Stratégie+ Accompagnement = Croissance est un excellent résumé de la mentalité à adopter pour progresser dans n’importe quel domaine.

Maintenant, la mentalité de croissance est un début, il faut ensuite se mettre à l’action en appliquant un processus.

C’est ce processus dont il est question ici dans le second webinaire d’EscouadeEdu. Je vais tenter de le résumer ici. Bien évidemment, visionner les conférences est encore plus riche. Elles sont toutes ici. 

 

Un processus en 3 étapes

1) Planifier et améliorer

La planification fait parti du travail quotidien de l’enseignant, on le fait sans arrêt. Par contre ce que l’on fait moins c’est améliorer. Ne pas planifier automatiquement mais réfléchir à l’intention que l’on donne à cette planification, prendre en compte ce qui a fonctionné et n’a pas fonctionné avant. Le mot clé ici c’est donc l’intention.

2) Agir et observer

L’action c’est notre quotidien aussi. On agit dans la classe, on agit avec les élèves. Par contre on n’observe pas toujours ce qu’il se passe. On se demande parfois, est ce que mes élèves apprennent ? Est ce que je parle dans le vide ? (cf le livre “J’enseigne mais eux, qu’apprennent ils” ?). Mais on ne prend pas souvent le temps de répondre à ces questions. Je dois prendre un peu de recul et me mettre dans ce mode observation au lieu d’être tout le temps dans l’action. Cette observation peut se faire grâce un intervenant extérieur qui vient m’accompagner et pas me juger (ou pourquoi pas une caméra dans un coin de la classe). On peut se fixer ensemble un objectif dans cette observation et progresser sur quelques éléments à la fois. Il y a souvent une barrière de terreur que de laisser entrer quelqu’un dans sa salle de classe, pourtant c’est grâce à ses pairs que l’on progresse. Il ne faut pas oublier qu’une erreur, un échec, un FAIL  n’est rien d’autre qu’un first attempt in learning, une première tentative d’apprentissage. C’est en prenant conscience de ce que l’on fait que l’on peut évoluer. L’observation est aussi le moment où l’on peut observer que l’on fait de belles choses .  Le mot clef ici c’est l’action.

3) Apprendre et partager.

Le mot clef, c’est le partage. Ma seule amélioration personnelle ne suffit pas, le partage de mes connaissances est fondamental. Je peux partager dans l’école, dans les médias sociaux, ou tout simplement avec mes collègues. On partage ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas aussi. Pourquoi pas organiser des réunions où l’on parle de nos échecs pour en retirer des éléments d’apprentissage. Ce partage me permet d’apprendre de mes erreurs pour les corriger

Il y a un ordre dans ces étapes mais par contre toutes les étapes peuvent être des points d’entrées.

Deux éléments importants :

Il n’est pas nécessaire de ne pas aller bien pour vouloir s’améliorer. On peut s’améliorer même quand on obtient de bons résultats.

Il  est nécessaire de  vivre et le revivre plusieurs fois ce processus d’amélioration pour arriver à des résultats qui nous satisfont.  

5 règles pour améliorer sa mise en oeuvre

Il est utile de suivre 5 règles simples pour pouvoir mettre en oeuvre ce processus de manière efficace :

Ces lois sont tirés du livre de John C Maxwell Les 15 lois inestimables de la croissance

#1- La loi du miroir  ou l’importance de connaître ses forces.

Il est important d’être conscient de la valeur que l’on a pour pouvoir ajouter de la valeur à bon escient.  Avant de donner de la valeur aux autres, il faut en donner à soi même. Il faut connaître ses talents et être capable de jouer sur ceux-ci, de les mettre en valeur de les utiliser pour les autres.

Cette loi fait le parallele avec deux points développés par John Hattie

  • Quelle est la perception que l’enseignant a de la réussite d’une classe ?
  • Quelle est la perception que les élèves ont d’eux même ?

Notre perception de la réussite des élèves a une influence directe sur la réussite des élèves. Attention aux réflexes de début d’année où l’on demande aux autres enseignants leurs avis sur les élèves de la classe.

Cette loi du miroir s’appelle aussi l’effet Pygmalion.

 

#2-La loi de l’intentionnalité ou la croissance n’est pas un hasard.

Pour pouvoir progresser il faut se fixer des objectifs. On parle d’objectif SMART (spécifique, mesurable, atteignable, réaliste, identifié dans le temps). A côté ces critère SMART,  il ne faut pas oublier le besoin de s’accomplir. Quand on veut amener un individu à s’accomplir, on ne regarde pas ce que la personne n’a pas mais au contraire on exploite ses forces, on cherche à tirer profit de ce qu’il fait bien. De ce fait, on peut rajouter 3 autres critères aux objectifs que l’on se fixe :

  • ils doivent nous inspirer
  • on peut y croire
  • on peut concrètement agir pour les atteindre

Il est très important d’écrire ces objectifs, pourquoi pas dans un cahier ?

Nos objectifs nous incitent à devenir la personne que nous devons être pour les atteindre. Ce sont ces objectifs qui permettent la croissance, il est donc très important de s’en fixer.

 

#3-La théorie d’action ou SI (j’entreprends quelque chose) ALORS (il y aura telle conséquence).

Voici un exemple de théorie d’action : “si nous enseignons et soulignons les comportements positifs dans les couloirs, alors les élèves circuleront de façon calme et sécurisée” Ou bien “Si nous intégrons efficacement la technologie dans les salles de classe alors les élèves seront plus engagés et apprendront mieux”. Evidemment, il faut se donner des étapes et utiliser des modèles pour progresser (les fameuses stratégies dont on a parlé dans le premier webinaire).

Par exemple pour intégrer les NTIC dans nos pratiques, on peut utiliser le modèle SAMR de Ruben Puentedura.

Source : http://classetice.fr/spip.php?article146

Grâce à ce modèle, je peux voir où j’en suis de manière systémique avec l’intégration de la technologie. La redéfition n’est pas une fin en soi. Cela dépend des cours, des élèves et des défis que je me fixe.

Il y a d’autres modèles d’intégration des TIC ici. 

Il n’y a pas de modèle comme celui ci pour toutes les nouvelles pratiques que l’on tente en classe, mais il faut se demander “ SI je lance cette nouvelle pratique dans ma classe,  ALORS à quoi est ce que je m’attends “ ? Qu’est ce qui me fera dire que cela a fonctionné ? L’idéal est bien entendu de s’appuyer sur la recherche pour nous aider à nous améliorer.

 

#4-La loi des concession ou pour grandir, il faut renoncer à certaines choses

Pour pouvoir progresser, il faut savoir renoncer à des pratiques que l’on réalise depuis de nombreuses années dans lesquelles on est à l’aise, alors que l’on sait qu’elle ne sont pas des plus  efficaces. Il faut savoir faire preuve d’un certain lâcher prise pédagogique. On doit faire mieux ce que l’on fait bien.

 

#5- La loi de la réflexion ou apprendre à faire une pause pour permettre à la croissance de vous rattraper.

Le processus d’amélioration est continu et se base toujours sur les 3 éléments fondamentaux de la mentalité de croissance (efforts stratégie+accompagnement).

Mais Il est aussi important de s’asseoir et de réfléchir aux expériences que l’on a menées en cours . C’est à ce moment là que l’on progresse. On réfléchit beaucoup lorsque l’on planifie et lorsque l’on agit mais on ne réfléchit pas assez ensuite, une fois l’action terminée ou même en cours. Cette pause doit se faire régulièrement et on peut alors se référer à l’autobiographie de Portia Nelson et se demander à quel chapitre de son autobiographie on est 😉

 

Un exemple de processus d’amélioration : L’action du cadre 21

Lorsque le CADRE21 propose une formation, l’apprenant est dans l’action réflexive afin de pouvoir obtenir des badges. L’obtention de ces badge est enrichie par de la rétroaction. Cette rétroaction nourrit la posture réflexive. Ces rétroactions sont pertinentes, bienveillantes et SMART et elle invite à poursuivre l’action. Cette rétroaction est fondamentale dans la démarche d’une personne qui grandit.

Il y a quatre compétences qui permettent de progresser aux rythmes des enseignants. Les personnes formées par le cadre 21 sont invitées à partager à raconter leur histoire. On passe la compétence bien intégrée à d’autres (en intervenant dans un atelier par exemple).

La formation se déroule en 4 niveaux :

  • Le niveau explorateur est un prise de connaissance des stratégies et  comment se vit la rétroaction
  • Le niveau architecte : le professeur essaie d’expérimenter des stratégies dans la classe
  • Au niveau virtuose, les nouvelles démarches sont intégrées dans la pratique
  • Au niveau innovateur, il transmet ses pratiques aux autres. Il apporte un nouveau regard sur une stratégie qu’il maîtrise

Chaque niveau permet l’obtention d’un badge. Cela démontre donc que cela prend du temps de devenir expert dans une stratégie. Ce n’est pas une formation qui va me suffire ; il faut que je passe à l’action réflexive.

 

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