Comment créer des supports de présentation efficace ?

En cours, nous utilisons des supports pour transmettre des informations (power point, document, infographie…). J’ai suivi un Mooc très intéressant à ce sujet, toujours sur la plateforme Funmooc. Celui ci s’appelle “l’innovation pédagogique dont vous êtes le héros” et a été créé par l’université de Mons.

Voici les idées importantes que j’ai retenues.

Lors d’une présentation, notre message passe dans plusieurs « lieux » de notre cerveau.  Un message est d’abord compris grâce aux canaux sensoriels.  Le message reste dans la mémoire sensorielle ¼ de seconde. Certaines informations sensorielles et auditives sont ensuite passées dans la mémoire de travail avec un mécanisme de sélection. Notre mémoire de travail ne peut traiter qu’une petite partie d’informations à la fois dans chaque canal et dans un temps d’information limitée (l’empan mnésique). Cette mémoire peut gérer en général 5 et 9 éléments simultanément. Les informations restent une 20 aine de seconde dans cette mémoire. Elles sont ensuite stockées dans la mémoire à long terme. 

Des éléments intrinsèques influencent ce processus (la difficulté du contenu à traiter : le nombre d’éléments ou le nombre d’étapes dans une démonstration) mais aussi des éléments extrinsèques (liés au format de présentation). Mayer démontre qu’il y a plus de chances que les informations restent à long terme (mémoire à LT) quand les apprenants peuvent s’impliquer cognitivement, c’est-à-dire avec un traitement actif de leur part (identifier les informations utiles, les réorganiser et faire des liens avec les savoirs passés)

Mayer donne plusieurs principes pour une  présentation efficace :

  • La combinaison des médias (importance des éléments visuels dans les diaporamas, les syllabus). L’apprentissage est de meilleure qualité si les mots et les images sont combinés plus que s’il n’y a que des mots sans illustration. Les graphiques, animations, infographies peuvent faciliter l’apprentissage.
  • L’effet de redondance: présenter des informations identiques de deux manières est négatif. Il faut donc éviter d’afficher à l’écran un texte présenté à l’oral. Cette double tâche qui mobilise à la fois écoute et lecture est difficile à gérer
  • Il est préférable d’utiliser un commentaire oral plutôt qu’une information écrite ceci afin d’éviter la saturation d’information chez l’apprenant et donc la surcharge cognitive
  • La contiguïté spatiale: l’apprentissage est facilité quand les informations sont proches les unes des autres. La proximité des illustrations et des mots aide l’élève. (intégrer les légendes des schémas à l’intérieur afin d’établir des liens entre les informations et diminue la charge cognitive de l’apprenant qui ne doit pas effectuer ce travail supplémentaire.

 

  • La contiguïté temporelle: la proximité de traitement dans le temps aide les élèves à mieux traiter les informations. Les performances des élèves sont meilleures quand les éléments verbaux et visuels sont présentés simultanément. Avec un diaporama : synchroniser l’apparition des éléments avec le discours mais sans lire les éléments à l’écran.
  • La cohérence : supprimer les informations inutiles pour l’apprentissage pour éviter une charge extrinsèque trop élevée. Eviter les sophistications inutiles sur les supports et centrez-vous sur l’essentiel

  • Impliquez l’apprenant dans le déroulé de l’apprentissage. Lors d’une séquence vidéo, faire une pause ou revenir en arrière donne à l’apprenant la possibilité à l’apprenant de mieux gérer sa mémoire de travail. Il est donc préférable de faire des observations de vidéos individualisées plutôt qu’avec un grand groupe où les niveaux de compréhension varient. Le questionnement (utilisation de plicker par exemple) peut permettre aussi aux apprenants de s’auto évaluer et aider à la structuration des informations et la rétention en mémoire à LT
  • La signalisation: les informations mises en évidence sont mieux retenues que les autres, cela permet de focaliser sur les éléments important. Cette signalisation peut être faite par le canal visuel mais aussi par le canal auditif. (utiliser un pointeur, rajouter progressivement des éléments importants sur la diapo, créer des diapositives incomplètes pour stimuler la vigilance des apprenants, utiliser le gras, les titres dans un texte)
  • L’ancrage : présentez aux apprenants le contenu avant de le détailler dans la leçon (c’est l’idée de la pédagogie inversée : amener à se questionner afin de traiter les informations de manière différentes lors du cours en présentiel où l’on pourra plutôt faire de l’analyse ou de la synthèse)
  • La segmentation: les apprenants apprennent mieux lorsque le contenu pédagogique est distribué dans le temps. Mieux vaut 3 fois  5 minutes plutôt que 15 minutes d’un coup. L’attention chute naturellement au bout de 10 minutes. Il faut donc éviter les présentations trop longues et varier les méthodes d’apprentissage et alterner les stratégies pédagogiques complémentaires : questionnement, discussion par exemple

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *